From: owner-abeilles@fundp.ac.be
On Behalf Of Jean-Marie Van Dyck
Sent: November 16, 2000 12:37 PM
To: Liste Abeilles
Subject: Le "Gaucho" dans LA LIBRE du 15/11/00
Bonjour à tous !
Robert Michiels à essayé de nous faire parvenir, voici quelques heures, le
texte paru dans un des journaux principaux de la place de Bruxelles ce mercredi
15 novembre 2000. Concerne le "Gaucho". Son message ayant eu quelques
problèmes, je vous le retransmet intégralement. J'ai également placé son
fichier PDF sur mon site pour que chacun puisse y accéder s'il le désire.
Comme il est assez volumineux (271 ko), je me suis aussi permis de l'insérer en
simple texte ci-dessous, ce sera plus rapide et moins cher. Cependant, l'article
original, classé dans la rubrique "Environnement" du journal vous est
accessible à l'URL http://www.fundp.ac.be/~jvandyck/images/LA_LIBRE_151100.pdf
Cordialement Jean-Marie Van Dyck
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Message de Robert Michiels:
Ci-joint pour votre information, un article de presse paru hier 15 novembre
dans le journal belge *La Libre Belgique*
R. Michiels - Les ruchers de la Mazerine - B-1332-GENVAL-Belgique
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En voici donc le texte signé H. Nottet:
CHUTE DE PRODUCTION
Comme les apiculteurs français, les belges soupçonnent un insecticide de
désorienter leurs abeilles.
Faut-il interdire le Gaucho ?
Depuis plus de 5 ans, les syndicats et groupements apicoles français
alertent les pouvoirs publics sur la diminution importante de leur production.
Certains apiculteurs ont en effet constaté des pertes de rendement de l'ordre
de 20 à 70 pc selon les exploitations.
Les producteurs, qui ont manifesté violemment dans les grandes villes de
l'Hexagone tentent d'attirer l'attention sur deux insecticides, responsables
selon eux d'une des plus grandes catastrophes écologiques.
"Nous avons eu l'affaire du sang contaminé, nous allons avoir celle du
sol contaminé", a déclaré Henri Clément, président de l'Union
nationale de l'apiculture française. L'imidaclopride, molécule présente dans
le pesticide "Gaucho" fabriqué par le groupe allemand Bayer et le
fipronil, présent dans le "Régent" de la firme Aventis ont été
incriminés. Ces pesticides, qui ont pour rôle l'élimination des insectes
nuisibles provoqueraient par la même occasion la désorientation et donc la
mort de milliards d'abeilles.
PRINCIPE DE PRECAUTION.
Les apiculteurs, qui manifestaient déjà il y a 2 ans à Paris avaient
obtenu du ministère de l'Agriculture la suspension du "Gaucho" pour
l'application "traitement des semences de tournesol". En effet, le
gouvernement confia à l'époque plusieurs études à la Commission des
toxiques, qui ne parvint pas à établir une relation causale entre le pesticide
et la disparition massive des abeilles.
Mais, dans l'incertitude du contraire, le principe de précaution était
appliqué et le "Gaucho" suspendu. Comme le tournesol se développe
rapidement et élimine par conséquent moins de toxines, seule cette application
fut proscrite.
ETUDES COMPLEXES ET COÛTEUSES.
La commission des toxiques a donc demandé des études complémentaires et
devra rendre ses conclusions en décembre prochain.
Le problème dans ce type d'études est la relative imprécision des analyses
qui portent sur des quantités infiniment petites (de l'ordre de 0,1 ppb, c’est-à-dire
0,1 part par milliard) et par conséquent extrêmement coûteuses.
Bayer affirme donc, preuves à l'appui, l'innocuité de son produit. "Il
est important de bien distinguer danger et risque. Si l'on pulvérise
directement les abeilles, il est indéniable que cela provoquera leur mort. Par
contre de faibles doses n'auront pas d'effet", précise Hervé Tossens,
Technical et development manager.
Le tout est donc de savoir quel est le seuil de "nuisibilité". Et
c'est là que les choses se compliquent. Bayer affirme que l'abeille ne
présente aucun signe d'intoxication en dessous de 16 ppb et que même à cette
dose, on ne peut pas encore parler de désorientation. "La commission des
toxiques nous a demandé de réaliser des études complémentaires et elle en a
fait de même avec des instituts indépendants. Et nous sommes arrivés aux
mêmes conclusions", explique Hervé Tossens.
Monsieur Bruneau, du Centre apicole de recherche et d'information (Cari)
réfute violemment ces données et avance lui des chiffres tout à fait
opposés: "Des études récentes ont démontré des effets toxiques à
partir de 1 à 3 ppb." Quant aux éventuels résidus présents dans le sol,
la firme allemande précise que, seul, du CO2 peut être détecté en fin de
cycle. Mais combien de temps dure ce cycle? De nouveau, les données récoltées
dans les différentes études s'avèrent complètement contradictoires. Bayer
avance une durée de quelques mois et le Cari affirme que 3 années sont
nécessaires afin d'éliminer l'imidaclopride.
DES RECOLTES REDUITES DE MOITIE
Mais cet insecticide est également appliqué sur d'autres cultures que le
tournesol et suscite donc l'interrogation des apiculteurs belges. Le
"Gaucho" est également utilisé pour traiter le maïs. La firme
allemande réfute cette hypothèse: "il n'y a en Belgique aucun risque pour
les insectes pollinisateurs car le maïs se développe plus lentement et est
donc plus résistant". Le Cari s'empresse de contredire cela et explique
que les apiculteurs de la région Sambre et Meuse qui ont posé leurs ruches à
proximité des champs de maïs "traités Gaucho" ont vu leur récolte
chuter de moitié.
On s'en doute, les conclusions de la Commission française des toxiques sont
attendues avec impatience, même si les résultats devraient, encore une fois
être contestés. Les difficultés de mesures aussi précises et l'important
retard des effets constatés devront être solutionnés pour mettre fin à cette
situation et à l'angoisse des apiculteurs de plus de 90 pays. H. Nottet |