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Letters from Beekeepers
from the archives at abeilles@fundp.ac.be

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BEE-L Imidacloprid Discussion Summary

From: owner-abeilles@fundp.ac.be  On Behalf Of Pierre DARFEUIL
Sent: November 6, 2000 10:41 AM
To: abeilles@fundp.ac.be Subject:
Re: Imidacloprid (Encore un Fois)

Je lis tous les soirs un chapitre du rapport qui a été remis à notre préfecture des Pyrénées-Atlantiques lors de la manifestation du 23 novembre à Pau. Le rapport, signé des grands centres de recherche français (CNRS, INRA) montre clairement qu'un pollen contaminé à 1 ppb (c'est vraiment infinitésimal) conduit à des troubles du comportement de l'abeille. Au-delà de 3ppd elle y laisse la vie. Ce n'est pas un doute ce sont des faits issus d'expériences réalisées par des personnels du métier. On peut toujours contester une preuve scientifique, mais ce que je constate, c'est que je dispose pas d'un rapport qui me démontre l'inverse. Ce que raconte Bayer c'est de la fumée.

Pierre.

From: owner-abeilles@fundp.ac.be   On Behalf Of GUILLAUME, Rene
Sent: November 8, 2000 1:58 AM
To: 'abeilles@fundp.ac.be'
Subject: RE: Imidacloprid (Encore une Fois)

Bonjour,

Merci Gilles pour cette conclusion sur les résultats n° 3 de l'AFSSA, du CNRS et de l'INRA : "Effets des produits phytosanitaires sur les abeilles".

Ce qui me surprends le plus c'est qu'il nous faille attendre ce genre d'expertise pour qu'on nous explique ce qu'on apprend en première année de collège ou de lycée agricole, c'est à dire à des élèves / étudiants de 12 à 14 ans !!!! Il y est évident que les sociétés de produits phytosanitaires ne respectent plus leur rôle de partenaire de l'agriculture qu'elles voulaient être dans les années 70-80, aujourd'hui seul compte les dividendes et la capitalisation boursière :-(( Il devient nécessaire d'alerter l'opinion public car nous allons droit vers une catastrophe écologique qui aura des répercutions inévitables sur la santé publique et sur la productivité quelle soit d'origine végétale ou animale. Il nous appartient aussi de payer le juste prix des aliments que nous mettons dans nos assiettes parce que la règle du "toujours moins cher" a des limites qui se retrouvent ensuite au niveau de la qualité.

Espérons que nous ne seront pas obligés de faire goûter à nos dirigeants politiques la colères de nos abeilles car comme tu le dis ce serait amusant de voir les C.R.S. avec des enfumoirs...;-))

R. GUILLAUME {;-o)>

From: owner-abeilles@fundp.ac.be On Behalf Of Bernard Heymans
Sent: November 10, 2000 5:19 AM
To: abeilles@fundp.ac.be
Subject: Re: Imidacloprid (Encore un Fois)

D'apres toutes les lectures que j'ai pu avoir, Bayer a un malin plaisir de repondre "le Gaucho..." "dans les zones sans Gaucho..." et de mettre la charge de la preuve a l'apiculteur... comme cette molecule est largement utilisée... et que nos pauvres yeux ne la voient pas...

Oui il est POSSIBLE que l'imicloprid ne soit pas en cause... mais nous ne pouvons plus trouver (et le prouver) de zones exemptes de cette molecule afin d'apporter la preuve que le produit esthors de cause. De plus avec la remanance...

Bernard.

From: owner-abeilles@fundp.ac.be On Behalf Of guillaume rene
Sent: November 10, 2000 1:54 PM
To: abeilles@fundp.ac.be
Subject: Imidaclopride

Bonjour, Voici ce qu'on peut trouver sur le site de Bayer France sur l'imidaclopride......

>1991 Gaucho®, premier insecticide systémique en traitement de semences

>Le Gaucho® est un produit de protection des plantes issu de la recherche Bayer.   Il prend la forme d'un traitement de semences à base d'imidaclopride.

> L'imidaclopride diffuse aux alentours de la graine et protège ainsi la plantule des ravageurs souterrains. Doté de propriétés systémiques, l'imidaclopride est ensuite absorbé principalement par les racines puis véhiculé par la sève brute. Le produit  se répartit dans les feuilles pendant les premiers stades de développement les plus sensibles aux ravageurs.

On notera une information importante dans ce texte écrit par Bayer : "L'imidaclopride diffuse aux alentours de la graine " le terme utilisé et important car les "alentours" donne une distance plus conséquente que "autour" ce qui apporte une information sur son effet lorsque cette molécule reste dans le sol alors que la plante a été récoltée

amicalement,

R.GUILLAUME.

From: owner-abeilles@fundp.ac.be On Behalf Of vincent.bondois
Sent: November 12, 2000 4:35 AM
To: Patrick Perimony; abeille.de.france@wanadoo.fr ; ABEILLES@fundp.ac.be ; JM ledoux SAHN
Subject: les suites d'un retrait d'homologation

Voici une information entendue lors d'une discussion avec un agent du Service de Protection de Végétaux : "Si l'administration demande le retrait d'un produit phytosanitaire pour lequel elle a préalablement donné son homologation, c'est à elle (donc un peu à nous tous) d'indemniser la société productrice. Cette indemnisation couvre bien sur les frais de dossier, mais aussi de fabrication (les usines) et de commercialisation du produit." Lorsque l'on sait que Bayer (tiens, tiens !) a racheté pour plusieurs milliards (7 à 8, je crois) de francs un fongicide d'un concurrent (Novartis) que d'aucuns trouvent quand meme cher payé, les enjeux nous dépassent. Bayer compte peut-etre deja sur l'indemnisation du Gaucho pour payer sa nouvelle acquisition.

Le dossier sur Gaucho présenté dans l'A. de F. de novembre est bien documenté. Nous aurions seulement aimé etre prévenu de celle ci avant, autrement que par les RG qui voulaient savoir si on était nombreux à y participer !

V. Bondois

From: owner-abeilles@fundp.ac.be On Behalf Of Gilles RATIA
Sent: November 13, 2000 2:06 AM
To: abeilles@fundp.ac.be
Subject: RE: les suites d'un retrait d'homologation

Bonjour à tous,

V. Bondois a écrit, à propos de la manifestation contre le Gaucho :

>>>>>>>> Nous aurions seulement aimé etre prévenu de celle ci avant, autrement que par les RG qui voulaient savoir si on était nombreux à y participer ! <<<<<<<<

C'était en page d'accueil de la "Galerie Virtuelle Apicole" ( http://www.apiculture.com  ) depuis de nombreux jours auparavant, avec le gros logo du Gaucho. On ne pouvez pas louper l'info. Quant aux revues, il ne faut pas leur en vouloir, leur marge de réactivité est plus minime. Enfin, questions syndicats français, "ils" ont fait du grand battage et ont organisé beaucoup de chose dont manifs régionales, banderoles, bus, puis rassemblement national.

Autre sujet : "les propos d'un agent du Service de Protection de Végétaux". En fait, est-ce vraiment vrai de vrai ? Intox ? De toutes les façons, cela ne tient pas absolument pas la route face à une équipe d'avocats compétents (et chers ...).

A+

Gilles Ratia
gilles.ratia@apiservices.com

http://www.apiservices.com

From: owner-abeilles@fundp.ac.be On Behalf Of Jean-Marie Van Dyck
Sent: November 16, 2000 12:37 PM
To: Liste Abeilles
Subject: Le "Gaucho" dans LA LIBRE du 15/11/00

Bonjour à tous !

Robert Michiels à essayé de nous faire parvenir, voici quelques heures, le texte paru dans un des journaux principaux de la place de Bruxelles ce mercredi 15 novembre 2000. Concerne le "Gaucho". Son message ayant eu quelques problèmes, je vous le retransmet intégralement. J'ai également placé son fichier PDF sur mon site pour que chacun puisse y accéder s'il le désire. Comme il est assez volumineux (271 ko), je me suis aussi permis de l'insérer en simple texte ci-dessous, ce sera plus rapide et moins cher. Cependant, l'article original, classé dans la rubrique "Environnement" du journal vous est accessible à l'URL http://www.fundp.ac.be/~jvandyck/images/LA_LIBRE_151100.pdf

Cordialement Jean-Marie Van Dyck
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Message de Robert Michiels:

Ci-joint pour votre information, un article de presse paru hier 15 novembre dans le journal belge *La Libre Belgique*

R. Michiels - Les ruchers de la Mazerine - B-1332-GENVAL-Belgique ===============

En voici donc le texte signé H. Nottet:

CHUTE DE PRODUCTION

Comme les apiculteurs français, les belges soupçonnent un insecticide de désorienter leurs abeilles.

Faut-il interdire le Gaucho ?

Depuis plus de 5 ans, les syndicats et groupements apicoles français alertent les pouvoirs publics sur la diminution importante de leur production. Certains apiculteurs ont en effet constaté des pertes de rendement de l'ordre de 20 à 70 pc selon les exploitations.

Les producteurs, qui ont manifesté violemment dans les grandes villes de l'Hexagone tentent d'attirer l'attention sur deux insecticides, responsables selon eux d'une des plus grandes catastrophes écologiques.

"Nous avons eu l'affaire du sang contaminé, nous allons avoir celle du sol contaminé", a déclaré Henri Clément, président de l'Union nationale de l'apiculture française. L'imidaclopride, molécule présente dans le pesticide "Gaucho" fabriqué par le groupe allemand Bayer et le fipronil, présent dans le "Régent" de la firme Aventis ont été incriminés. Ces pesticides, qui ont pour rôle l'élimination des insectes nuisibles provoqueraient par la même occasion la désorientation et donc la mort de milliards d'abeilles.

PRINCIPE DE PRECAUTION.

Les apiculteurs, qui manifestaient déjà il y a 2 ans à Paris avaient obtenu du ministère de l'Agriculture la suspension du "Gaucho" pour l'application "traitement des semences de tournesol". En effet, le gouvernement confia à l'époque plusieurs études à la Commission des toxiques, qui ne parvint pas à établir une relation causale entre le pesticide et la disparition massive des abeilles.

Mais, dans l'incertitude du contraire, le principe de précaution était appliqué et le "Gaucho" suspendu. Comme le tournesol se développe rapidement et élimine par conséquent moins de toxines, seule cette application fut proscrite.

ETUDES COMPLEXES ET COÛTEUSES.

La commission des toxiques a donc demandé des études complémentaires et devra rendre ses conclusions en décembre prochain.

Le problème dans ce type d'études est la relative imprécision des analyses qui portent sur des quantités infiniment petites (de l'ordre de 0,1 ppb, c’est-à-dire 0,1 part par milliard) et par conséquent extrêmement coûteuses.

Bayer affirme donc, preuves à l'appui, l'innocuité de son produit. "Il est important de bien distinguer danger et risque. Si l'on pulvérise directement les abeilles, il est indéniable que cela provoquera leur mort. Par contre de faibles doses n'auront pas d'effet", précise Hervé Tossens, Technical et development manager.

Le tout est donc de savoir quel est le seuil de "nuisibilité". Et c'est là que les choses se compliquent. Bayer affirme que l'abeille ne présente aucun signe d'intoxication en dessous de 16 ppb et que même à cette dose, on ne peut pas encore parler de désorientation. "La commission des toxiques nous a demandé de réaliser des études complémentaires et elle en a fait de même avec des instituts indépendants. Et nous sommes arrivés aux mêmes conclusions", explique Hervé Tossens.

Monsieur Bruneau, du Centre apicole de recherche et d'information (Cari) réfute violemment ces données et avance lui des chiffres tout à fait opposés: "Des études récentes ont démontré des effets toxiques à partir de 1 à 3 ppb." Quant aux éventuels résidus présents dans le sol, la firme allemande précise que, seul, du CO2 peut être détecté en fin de cycle. Mais combien de temps dure ce cycle? De nouveau, les données récoltées dans les différentes études s'avèrent complètement contradictoires. Bayer avance une durée de quelques mois et le Cari affirme que 3 années sont nécessaires afin d'éliminer l'imidaclopride.

DES RECOLTES REDUITES DE MOITIE

Mais cet insecticide est également appliqué sur d'autres cultures que le tournesol et suscite donc l'interrogation des apiculteurs belges. Le "Gaucho" est également utilisé pour traiter le maïs. La firme allemande réfute cette hypothèse: "il n'y a en Belgique aucun risque pour les insectes pollinisateurs car le maïs se développe plus lentement et est donc plus résistant". Le Cari s'empresse de contredire cela et explique que les apiculteurs de la région Sambre et Meuse qui ont posé leurs ruches à proximité des champs de maïs "traités Gaucho" ont vu leur récolte chuter de moitié.

On s'en doute, les conclusions de la Commission française des toxiques sont attendues avec impatience, même si les résultats devraient, encore une fois être contestés. Les difficultés de mesures aussi précises et l'important retard des effets constatés devront être solutionnés pour mettre fin à cette situation et à l'angoisse des apiculteurs de plus de 90 pays. H. Nottet